09 février 2009

Reflexion sur les Assemblées Générales

 

Après les diverses Assemblées Générales qui se sont déroulées depuis le 2 février, date de la rentrée, nous sommes forcés de constater que même si elles rassemblent un grand nombre d’étudiant(e)s, leurs attentes ne sont pas satisfaites, le débat n’avance pas et le mouvement piétine.

 


Dysfonctionnement des Assemblées Générales

 

Une Assemblée Générale est un lieu d’information, de sensibilisation et de mobilisation qui permet de créer une dynamique de groupe. Elle est la manifestation la plus visible de la mobilisation, rassemblant ainsi un nombre important d’individus, et cristallisant toutes leurs attentes et espoirs. Pourtant, certain(e)s ne sortent pas satisfaits de ces AG, et ne se sentent pas plus impliqués dans la mobilisation.

 

En effet, la première critique faite par certain(e)s à l’issue des AG serait le manque d’informations précises et concrètes quant aux revendications et aux lois contre lesquelles nous nous battons. Etant donné le nombre conséquent d’étudiant(e)s et la durée déjà importante d’une AG, il est impossible d’aborder avec précisions ces thèmes. C’est pour cela, qu’il est nécessaire de se renseigner en amont (journaux, internet, discussions). L’AG est davantage faite pour établir un état des lieux de la situation.

 

Certain(e)s critiquent également le fait que le débat se fasse plus sur la forme que sur les problèmes de fond. Le débat a tendance à se focaliser sur les divergences entre syndicats et leurs méthodes d’action, ce qui engendre une opposition entre syndiqué(e)s et non syndiqué(e)s, ces derniers n’étant pas intéressés par ces luttes intestines. D’autre part, l’AG ne peut pas être « apolitique » puisque le contexte dans lequel nous sommes, oblige à un dialogue engagé politiquement 1.

 

Ce n’est pas parce que les discours sont politisés qu’il faut se cacher derrière l’argument de la démocratie afin de légitimer le débat et les décisions. L’omniprésence du vote et la démarche plébiscitaire de la tribune étouffent le débat et le rendent démagogique.

 

Le vote est nécessaire au niveau de la massification du mouvement mais ne doit pas empêcher les diverses actions dans et hors l’université. Il faut sortir de la logique de légitimité consacrée par le vote au risque de tomber dans une logique populiste, d’audimat visant à convaincre l’opinion publique et nous coupant de fait, de réels moyens de confrontation.

 

Cet état des lieux des problèmes que soulève le fonctionnement de l’AG, nous amène à proposer des alternatives et compléments pouvant la rendre plus efficace.

 

Alternatives pour plus d’efficacité

 

La tribune est un élément primordial de l’AG. Elle doit permettre le bon déroulement des échanges et le respect de chaque intervention. Elle n’est pas censée participer au débat, elle doit se contenter d’agir en tant que médiateur au sein de l’assemblée. Il serait intéressant que les notes prisent pendant l’AG soient rassemblées, à son initiative, dans un compte rendu accessible à tous.

 

Les syndicats ont un rôle à jouer dans les mobilisations de masse, puisqu’ils regroupent de nombreux étudiants. Pour autant, est-il nécessaire que plusieurs interventions soient faites pour exprimer la position d’un seul syndicat ? Ne pourrait-il pas y avoir une seule intervention au nom du syndicat, ce qui n’empêcherait pas les autres syndiqué(e)s d’exprimer leur point de vue à titre personnel ?

 

Cela permettrait à de nombreuses personnes non syndiquées de prendre la parole. Toutefois, certain(e)s n’osent pas s’exprimer oralement lors des AG, par manque de confiance ou d’aisance à l’oral. Leurs idées et opinions sont pourtant légitimes et nécessaires pour faire avancer le débat. Pour cela, ont été mises en place des assemblées par facultés, regroupant moins de personnes et facilitant les échanges.

 

Il est évident que prendre la parole, même dans ce type d’AG, n’est pas forcément aisé. Pourtant, l’implication dans ce mouvement est nécessaire, chacun ayant son rôle à jouer. Tous, à notre échelle, pouvons trouver des moyens d’expression ou d’actions pour faire avancer le débat et donner de la force à cette mobilisation : créons des supports de réflexion (écrits, photographiques,…), des groupes de discussion, participons à la vie de l’université en ces temps de grève, allons manifester, proposons des solutions quant à nos revendications. Toutes ces initiatives dépassant les AG et visant la réappropriation des moyens de lutte et de réflexion, sont des lieux de rencontre et d’échange qui survivront au mouvement. Ce ne sont pas de simples moyens de mobilisation mais un changement de rapport à la vie universitaire.

 

Ces différents moyens d’action ne sont pas dissociables de l’Assemblée Générale pour aboutir à une mobilisation massive. A l’heure actuelle, les AG et groupes de discussion portent plus sur la manière de mobiliser les individus que sur les solutions pour améliorer le système universitaire. Cette manière de fonctionner est primordiale pour parvenir à une mobilisation de masse qui est la condition nécessaire à la réussite de ce mouvement.

 

Nous luttons pour obtenir l’abrogation de la LRU et des réformes universitaires visant à autonomiser les universités. Cependant, le malaise est plus profond. Ces reformes s’inscrivent dans une politique globale du gouvernement actuel, c’est pourquoi nous devons rester solidaires des autres secteurs victimes de cette politique, perpétuer et étendre le mouvement au-delà de l’abrogation des réformes concernant l’université.

 

1Cf. Vous avez dit politique ? Disséquons 2009 n°0.

 

 


 

Posté par dissequons2009 à 01:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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