22 février 2009

La sécurisation de l’espace : être vu sans jamais voir

ETAT DES LIEUX

La vidéosurveillance apparait en France dans les années 1970, elle est au départ installée pour contrôler le trafic routier et les magasins de luxe. Dans les années 1980, le nombre de caméras s’amplifie dans les transports collectifs, les commerces, les lieux de travail et de loisir et les bâtiments publics. 1990 est le point culminant de ce processus : la vidéosurveillance fait son apparition sur la voie publique, ce procédé devient banal. Face à cela, il faut noter le rôle important de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) créée en 1974. Cet organisme est censé être la seule barrière face à la fuite de nos informations personnelles via l’informatique, la vidéo surveillance et autres multimédias. C’est à cette époque qu’il aurait fallut réagir or d’après un sondage réalisé en 1996, seulement 51% des personnes interrogées pensent qu’être filmé dans un lieu public est une grave atteinte à la vie privée. Le développement de la vidéosurveillance dans le quotidien de chacun(e) ne s’arrête pas à la simple multiplication de ces objets dans les rues et bâtiments, il s’agit aussi d’un continuel effort de performances techniques (champ de vision à 360°, zoom précis à plus de 300m permettant de lire sur les lèvres ou de lire une plaque minéralogique), d’autant plus que la transmission de ces images est instantanée via les lignes téléphoniques, cela permet de voir et écouter sans frontière. Vers l’an 2000, le nombre de caméras dans les grandes villes européennes prend un essor important. La France, voulant imiter son voisin britannique souhaite améliorer son système de vidéosurveillance. On peut prendre plusieurs faits marquant. Par exemple depuis 2004, la police nationale n’est plus obligée d’obtenir l’accord de la CNIL pour créer un nouveau dossier de données personnelles sur un individu : où est la limite de notre droit à la protection de nos données personnelles ? Quelles sont les dérives possibles par ce type d’agissement ? Le second fait important date de 2008 où Michèle Aillot Marie, ministre de l’intérieur, réunie la commission nationale de la vidéosurveillance afin de « promouvoir un modèle français de la protection du citoyen ». Pour cela, M.A.M souhaite multiplier par trois le nombre de caméras de surveillance en France d’ici fin 2009 donc augmenter l’effectif de 300 000 à 900 000 caméras.

 

La vidéosurveillance marque la mise en place d’une société de contrôle et ce dans n’importe quel milieu. L’université lumière de Lyon, sur le campus de Bron, est un des endroits phares pour expérimenter ces nouvelles prouesses techniques. Le campus compte près de 17 caméras, leur installation commence lors l’arrivée à la présidence de Claude Journès en 2006. Son action ne se fait pas attendre, fin 2006 un fichage photographique est réalisé sur des étudiants activistes et militants. Les clichés sont pris par des vigiles de l’université Lyon II sur ordre de la présidence. Des étudiants  sont vus en train d’emballer les caméras de sac plastique, faire des pochoirs sur des tableaux d’affichages, la plupart ont un look soi-disant « activistes » ou « militants ». Début 2007, Journès fait installer de nouvelles caméras de surveillance sur le campus, des grilles fermant l’accès à l’université, augmente le nombre de vigiles. En février, une action est organisée par les étudiants de Lyon II : déboulonnage de grilles, messages peints sur les murs… une plainte est déposée à l’encontre de trois étudiants par Claude Journès, il s’appuie sur les photos prises en novembre 2006 par les vigiles alors que les faits eurent lieux en février 2007. Cette liste « rouge » fut ensuite transmise à la police suite à des arrestations d’étudiants en 2007. Parallèlement, depuis juin 2005, la société Foxstream, spécialisée dans la vidéosurveillance intelligente, équipe les caméras de l’université Lumière Lyon 2 avec son logiciel FoxVigi[1]. Cette surenchère d’une soi-disant protection de l’université et de son environnement amène à une banalisation de ces outils. La sécurité devient une atteinte à nos libertés alors qu’elle devrait les préserver. On peut prendre l’exemple du service de sécurité, ils portent une tenue de sapeur-pompier, rôle qu’ils ne tiennent absolument pas puisque il est écrit sur leur uniforme (en minuscule) « sécurité », cela tend à faire fondre une sécurité excessive dans une normalité qui ne devrait pas être.

 

REFLEXION

Pour entamer une réflexion sur la sécurité et l’insécurité, partons des arguments de ceux qui promeuvent la surveillance et la sécurisation de l’espace public. Dans une réponse aux critiques qui lui sont adressées par rapport à ses activités à Lyon II, le président de Foxstream se dit prêt au débat et voici comment il en pose les termes : « Si une enseignante oublie un papier dans son bureau et revient le chercher tard le soir, est ce plus important qu’elle puisse se déplacer dans un lieu sécurisé sans risque de se faire agresser ou que personne ne sache qu’elle est passée dans son bureau à une heure tardive ? [2]». Ô sophisme quand tu nous tiens... Et toi lecteur si tu vois ta copine se faire tabasser par des flics tu laisses faire ou tu t’interposes au risque de subir les conséquences ? Le sophisme permet de légitimer n’importe quelle action, de la vente de churros dans un centre d’amaigrissement au génocide des dangereux porteurs de chemise à carreaux. Quoi qu’il en soit, un tel argumentaire n’est basé que sur des questions rhétoriques, sur le sensationnel. La problématique de la sécurité n’est pas posée. L’insécurité est présentée comme une donnée existant de fait et inéducable que l’on ne peut résoudre que par la répression et la surveillance. Avec un tel argumentaire on en vient à se poser seulement la question de l’efficacité du dispositif de surveillance et non ses fondements, c’est dans ce jeux que tombe France inter dans son débat sur les caméras au titre accablant [3] « Pour ou contre la vidéosurveillance, Surveiller les citoyens est ce vraiment efficace et combien ça coute ».

La mise en place à l’excès de dispositifs de sécurité entraine une impression d’insécurité. C’est un cercle vicieux, puisque l’impression d’insécurité amplifiera la demande de sécurité et ainsi de suite. Il faut sortir de ce cercle sans fin contribuant à enfermer la population dans un cadre atrophiant les libertés individuelles de circulation, de réunion, en bref du droit de vivre. Par ailleurs, avec ce système les statistiques montrent qu’à force de surprotéger les biens matériels, l’insécurité se porte plus sur l’être humain. Cela découle de la logique matérialiste mise en avant par notre société où l’individu semble se protéger derrière ses possessions matérielles.

 

Les caméras de surveillance sont censées jouer un rôle de contrôle de l’individu, contrôle qui se transforme en autocontrôle. La présence de ces caméras, ajoutée à celle des cartes cumule donnant accès ou pas à certaines salles, la présence de vigiles ; tout cela entraine une régularisation du comportement selon les normes qui nous sont imposées. On remarque sur le campus de Bron que les lieux de rassemblement sont restreints comparé à l’espace disponible, si des étudiants veulent se rassembler ne serait ce pour discuter, les salles ne sont généralement pas disponibles puisque réservées au seul fait des cours. Se crée ainsi une création d’espace surveillés ou non-surveillés, ce sont des marqueurs d’espace qui imposent des comportements différents selon le lieu où on se trouve. La présence de caméras dans certains endroits (distributeurs, présence de matériel…) enracine la notion de privatisation des biens, des sommes importantes sont utilisées pour qu’un matériel efficace puisse être mis à disposition de la communauté universitaire, chacun(e) devrait pouvoir utiliser ce matériel, or les caméras indiquent qu’une suspicion est portée sur chaque utilisateur comme quoi ils/elles seraient potentiellement criminel. Mais cette pratique devient tellement courante qu’on en vient à distinguer des espaces banalisés d’autres qui ne le sont pas, la vidéo surveillance entraine une catégorisation de certains espaces comme privilégiés, sécurisés. Se développe une peur du comportement de « l’autre », par cette installation on présume que quelqu’un va venir causer des dégradations, voler du matériel, entrer par effraction ainsi les interdictions déjà mises en place dans le règlement intérieur ou sur des panneaux (Ex. cigarette) sont entérinées par cette surveillance constante. Le doute devient omniprésent et la liberté de circulation de chacun(e) est remis en cause, les déplacements de chaque individu sont questionnés : « Ou va-t-il ? Il est habillé en noir… Pourquoi faire ? Pourquoi met-il sa capuche ? Il se reproche quelque chose… ». Ce type de question peut être posé par n’importe quel individu Lambda et contribue à discriminer certains types physiques et/ou vestimentaires, ces types sont parfois utilisés à mauvaises escient pour faire parler une vidéo ou photo, par exemple, en reprenant l’affaire Journès (développée dans la 1ère partie), les clichés qu’il présenta à la police comme preuve aux « dégradations » furent prises en 2006 et non en 2007 comme il l’affirme.

En fin, la dernière question qui se pose est celle des moyens financiers, on se doute bien que ce matériel de vidéosurveillance, les nombreux gardiens et le système de cartes électroniques doivent être une part importante du budget alloué à l’université par l’état. La gestion d’un budget dans une structure doit suivre une certaine logique d’attribution : sécurité, sanitaire, entretien… des quotas sont constitués pour chaque catégorie. Il est quand même fabuleux que le budget de la sécurité ait l’air si important alors que les problèmes d’amiante, d’émiettement des plafonds en salle de cour devraient être prioritaires et ne sont pas traités (si ce n’est cette année pour les bâtiments L et K).

 

PERSEPECTIVE

 Face à ce manque de respect de l’individu et de ses libertés personnelles, il est nécessaire d’agir et de trouver une ou des solutions. On ne peut se laisser manipuler par un système comme celui-ci, notre image devient la seule propriété de ceux qui la produisent. Ou est notre droit à l’image ? Notre droit de vivre ? De circuler ou de se réunir ?

Plusieurs types d’actions sont envisageables : la première consiste en un masquage des caméras par des sacs poubelles, dans la même veine on peut essayer de détourner les caméras vers le plafond ou sur le mur sur laquelle elle tient (à voir quel type de caméra). Le plus efficace serait de les casser, les mettre hors état de nuire, car ce sont bien des nuisibles, elles nuisent à nos libertés et à la protection de nos données personnelles. Casser une caméra ce n’est pas si grave tout dépend ce qu’il y a derrière l’action, une réflexion doit susciter un tel acte. Une dernière idée pourrait être originale : le kidnapping. Prendre en otage toutes les caméras du campus de Bron, les photographier toutes réunies, la rançon serait un retour en arrière : suppression des caméras, suppression des grilles de l’université, réduction du personnel de sécurité ou du moins de leur droit sur la communauté universitaire.

A partir de ces données, réflexions et questionnements libre à vous de savoir si vous tolérez cette suppression progressive de vos libertés individuelles et collectives. Vous avez des droits sur votre image, vos données personnelles. Réagissez !

 

 
 

L’université Lyon 2, laboratoire leader de   l’industrie de la surveillance

 

 

 

15 janvier   2008

 

 

 

Généralisation   de la vidéosurveillance sur le campus de Bron, instauration de la carte Cumul   qui cumule surtout électroniquement nos activités sur la fac, grillage du   campus, existence de dossiers (complètement illégaux) sur les personnes ayant   des activités militantes… Lyon 2 n’est pas en retard dans la mise en place   d’une société de contrôle.

 

 

 

Mais   l’implication de Lyon 2 dans cette généralisation de la surveillance ne   s’arrête pas à ces aspects quasi-courants : dans les quelques pages qui   suivront, nous montrerons qu’elle est (ainsi que d’autres universités ou   écoles lyonnaises) au cœur des recherches et de la mise en place de nouveaux   dispositifs dans le domaine sécuritaire, dans le cadre d’une collusion entre   recherche, université et intérêts privés.

 

 

 

L’université   Lyon 2, laboratoire leader de l’industrie de la surveillance

 

Tract   diffusé à l’université Lyon 2 lors de la venue de la ministre de   l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à Lyon 2, mardi 16 octobre,   histoire de débattre de cas concrets sur la question de la privatisation de   la fac.

 

A l’heure   de la loi Pécresse sur la privatisation des universités, ces quelques pages   nous semble un bon début pour discuter de la participation des étudiant(e)s à   ces projets de recherche, en tant que cobayes, main d’œuvre ou initiateurs,   et de la pertinence de liens entre nos universités et le marché du   sécuritaire.

 

 

 

TECHNO-VISION Du missile intelligent à la vidéosurveillance intelligente

 

Les projets   sécuritaires lyonnais forment un tableau qui débute au niveau national.

 

En janvier   2007, la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL) donnait son   accord pour la mise en œuvre de deux programmes de recherche sur la biométrie.   L’un est mené par SAGEM Défense Sécurité, industriel de l’armement et leader   mondial en matière de biométrie. Il n’en sera pas question dans ce qui suit.   L’autre, le projet IV2 « Identification par l’Iris et le Visage via   Vidéo » est un partenariat français entre les pointures de la recherche   sur les technologies de l’information : INT, INST, INRIA, EURECOM… Le   laboratoire LIRIS de l’Ecole Centrale de Lyon participe à l’aventure   scientifique, comme les sociétés THALES (aéronautique et armement) ou URATEK.   C’est ce projet IV2 que nous allons aborder dans les lignes qui suivent.

 

IV2 est inséré   dans un programme plus ambitieux, TECHNO-VISION, soutenu conjointement par   les ministères de la Recherche et de la Défense. Lancé en juin 2004,   TECHNO-VISION a pour thèmes de recherche « la vision pour la robotique,   la vidéo-surveillance, la biométrie, le traitement d’images aériennes et   satellites » ou encore les technologies d’archivage vidéo.

 

 

 

- Parmi les dix   projets financés dans le cadre de TECHNO-VISION, l’un d’eux, ROBIN se   concentre par exemple sur l’imagerie terrestre et aéroportée, avec en son   sein des entreprises comme MBDA Missile System. Objectif : la détection   et la reconnaissance automatique d’objet. Les chercheureuses travaillent ici   sur les missiles à guidage vidéo ou missiles « intelligents ».

 

- Le projet   TOPVISION s’occupe lui d’imagerie sous-marine ; divers programmes ont   pour objet la vidéo-surveillance et un dernier concerne l’imagerie médicale.

 

- IV2 est le   projet concernant la biométrie : on s’affaire à Lyon, Paris et Toulouse   pour constituer les bases de données nécessaires aux recherches. Dans trois   des universités participantes, tout ce qui les peuple, (des étudiant(e)s au   personnel administratif en passant par les technicien(ne)s de surface) est   invité à se faire numériser par bouts : visages, iris et visages parlants.   Avec ces bases de données, le LIRIS École Centrale travaille entre autres à   en déduire des algorithmes qui permettront la reconnaissance informatique   d’un visage ou d’un iris par vidéo, tentant par là-même de mettre au point ce   qu’à l’Imperial College de Londres on affine déjà : la   vidéo-surveillance capable de reconnaître un visage, de le suivre sur bande   vidéo et de l’identifier une fois le système couplé à un fichier nominatif de   visages numérisés.

 

 

 

En matière   de vidéo-surveillance intelligente couplée à la biométrie, VISIONICS, l’un   des plus gros du secteur aux Etats-Unis, détient un palmarès étonnant :   le scan du visage des 72 000 spectateurs du SuperBowl ; elle a déjà   vendu cette technologie au service d’immigration des Etats-Unis (qui s’en   sert à la frontière mexicaine) et à l’armée israélienne pour qu’elle   surveille plus et mieux la bande de Gaza.

 

Avant de   continuer, petit rappel pour celles et ceux qui ont raté la présentation FNAC   du dernier ordinateur à sécurisation digitale :

 

 

 

La biométrie   La biométrie consiste à informatiser des données morphologiques (empreintes   digitales, forme de la main ou du visage, iris) et biologiques (ADN, odeur,   sang). Elle est aujourd’hui utilisée principalement pour l’identification et   les contrôles de flux d’individus. Ainsi, dans certains collèges et lycées,   la cantine est équipée de bornes scannant la main des élèves. Ou encore,   HITACHI a développé un système relié directement au compte en banque pour   régler ses achats par lecture du réseau vasculaire du doigt. Un autre exemple   concerne notre future carte d’identité, prévue initialement pour 2006 et   repoussée à 2009, qui mêlera biométrie et puces RFID (puce lisible à   distance) ; la puce contiendra nos empreintes digitales et notre photo   du visage numérisées, permettant une reconnaissance par informatique. |

 

 

 

Quand l’université Lyon 2 se transforme en secteur R&D de l’industrie   du sécuritaire

 

Au LIRIS   École Centrale de Lyon, à Ecully, il semble que l’esprit aiguisé des   chercheureuses n’ait pas résisté à l’attrait certain de ces recherches pour   le progrès humain. La concurrence avec l’Imperial College qui développe en ce   moment un nouveau concept de reconnaissance faciale pour les JO de 2012 doit   être stimulante !

 

Né début   2003 à la suite du regroupement de plusieurs laboratoires de recherche   lyonnais, le LIRIS, (« Laboratoire d’informatique en images et systèmes   d’information », associé au CNRS), compte environ 280 personnes (sans   compter les centaines de doctorants). Divisé en quatre tutelles, à l’INSA de   Lyon, à l’Université Claude Bernard Lyon 1, à l’Ecole Centrale de Lyon et à   l’Université Lumière Lyon 2, il se répartit sur les campus de la Doua, Ecully   et Bron.

 

 

 

Le LIRIS   Lyon 2 Bron, situé dans le bâtiment C au 1er étage, a cette particularité   d’être le partenaire très particulier d’une entreprise spécialisée en   vidéo-surveillance intelligente, la société FOXSTREAM.

 

http://panoptique.boum.org/IMG/png/FoxVigi-illus4.png

 

(Sur la plaquette de présentation de son logiciel FoxVigi, Foxstream   affiche son partenariat avec le CNRS et le LIRIS.)

 

 

 

Cette   société base ainsi son activité commerciale sur les technologies issues des   recherches effectuées au LIRIS Lyon 2 Bron. Le travail effectué à Bron par   l’équipe du professeur Miguet sur les techniques de vidéo-surveillance   intelligente n’est pas aussi complexe que la reconnaissance des visages, mais   l’entreprise chargée « du transfert des technologies issues de la   recherche en traitement et analyse d’images effectuée au LIRIS » peut   maintenant se targuer de vendre un produit high-tech : FoxVigi.

 

On est loin   des dispositifs d’aide aux personnes médicalisées ou d’imagerie médicale qui   ont fait la réputation du LIRIS. Le transfert de savoir du laboratoire public   à la société privée est ici le plus simple possible : l’entreprise a   installé directement ses locaux dans le laboratoire LIRIS Lyon 2 Bron, en   plein milieu du campus.

 

Son patron   Jean-Baptiste Ducatez, tête de liste PS à Genas, commente : « Cette   proximité géographique avec des chercheurs reconnus internationalement dans   ce domaine est une source de richesse inépuisable pour la société Foxstream   et ses clients. » Une richesse inépuisable... FOXSTREAM À la conquête du   campus, des TCL et du ministère de l’Intérieur ?

 

FOXSTREAM a   commencé « petit » : depuis juin 2005, la société équipe les   caméras de l’université Lumière Lyon 2 avec son logiciel FoxVigi.

 

Le soutien   institutionnel répété lui permet de voir plus loin : elle est lauréate   de l’association Rhône-Alpes Entreprendre, puis labélisée NOVACITE, structure   dépendant de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon. Au niveau   national, elle se voit remettre différents prix, notamment par le   président-directeur général du groupe THALES (armement et aéronautique). Et   avec l’aide de 137 000 € d’Oséo (Oséo, « soutien à l’innovation »),   la jeune pousse lyonnaise voit grand. En janvier 2006, l’entreprise partait à   la conquête de Lyon. Le pôle industriel Lyon Urban Truck&Bus 2015, un   pôle dit de compétitivité dans le domaine des transports financé par la   région, labellisait son projet de vidéo-surveillance intelligente adapté aux   bus (poétiquement nommé Cerbère Vision), dans le programme « sécurité et   sûreté ». Le soutien des collectivités locales à cette entreprise peut   laisser présager l’implantation de ses technologies dans leurs transports en   commun. FOXSTREAM ne s’arrêtera pas là. Le 29 juin 2006, elle était invitée   par le Service des Technologies de la Sécurité Intérieure (STSI) du ministère   de l’Intérieur pour présenter son produit FOXVIGI. La perspective de contrat   est alléchante puisque le STSI participe à la définition des achats du   ministère pour les 3 années à venir. Associé au LIRIS de Bron, FOXSTREAM peut   potentiellement profiter des recherches en cours au LIRIS École Centrale sur   la reconnaissance du visage. L’industrie lyonnaise de la vidéo-surveillance   intelligente a de beaux jours devant elle… Militaro-civil, publico-privé,   plus rien ne doit nous étonner.

 

 

 

En ces   temps d’autonomie de l’Université, dans les locaux d’une faculté de sciences   humaines, la présence d’une entreprise à la conquête du marché du sécuritaire   est censée passer inaperçue. À Lyon donc, entre camarades   ÉtudiantE-chercheurEUSE on se biométrise dans des bases de données pour   décrocher son petit diplôme. Le transfert à l’industrie est rôdé. La fac,   mi-université mi-zone industrielle, se sert quant à elle de l’étudiantE comme   cobaye pour tester les logiciels de la société maison de vidéo-surveillance,   développée en partie par l’étudiantE. Avant que cette société n’aille   conquérir de nouveaux marchés, et que l’on se félicite de la vitalité de   l’économie locale ! La refonte de l’université et de la recherche avec   l’industrie suit donc son bonhomme de chemin. Le surf généralisé sur le   « sentiment d’insécurité » trace la voie des investissements.

 

Michèle   Alliot-Marie ex-ministre de la Défense, actuelle ministre de l’Intérieur   (future ministre de la Recherche ?) commenterait : « il est   plus que jamais indispensable de dépasser les frontières entre militaire et   civil pour mutualiser nos expériences et nos savoir-faire. »

 

 



[1] Tract « L’université Lyon 2, laboratoire leader de l’industrie de la surveillance. », voir annexe.

[2] Réponse de Foxstream au tract diffusé à Lyon 2, www.rebellyon.fr.

[3]France Inter, Service public, émission du 05.02.2009

Posté par dissequons2009 à 23:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur La sécurisation de l’espace : être vu sans jamais voir

    j'aime l'informatique

    salut, c robens diphanga, je suis etudiant en reseau et technique de maintenance, en tout je vais juste defendre, de contre par les camera de surveillance.
    sur ce pouvez vous m'envoyer les documents?

    Posté par diphanga, 28 juin 2009 à 11:22 | | Répondre
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